Créer, réparer ou entretenir un gazon

Le gazon est une graminée au même titre que le blé, le maïs, le chiendent ou son cousin le bambou.

Il a une particularité intéressante appelée le tallage qui fait que lorsque l’on en coupe les extrémités de ses feuilles, celles-ci repoussent depuis la base et se multiplient. C’est cette particularité qui fait que le gazon permet de couvrir des zones importantes sans prendre de hauteur à condition d’être tondu et entretenu.


L’entretien d’un gazon ne se limite pas à la tonte qui doit être fréquente et effectuée avec des lames de tondeuse bien affûtées. Une lame usée arrache les feuilles au lieu de les couper et le résultat est un  gazon dont les pointes jaunissent et sèchent.


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Trois opérations sont importantes pour conserver un beau gazon :


- l’arrosage en est la première. Le gazon anglais (ray grass) est excessivement gourmand en eau et ne survit pas à une température au sol supérieure à 35°. Préférez donc les gazons à base de fétuques (généralement un mélange de fétuque ovine, traçante, rouge et élevée) pour une part d’au moins 70 % du mélange. Les semenciers ont depuis quelques années fait des efforts pour sélectionner et proposer des mélanges de ce type, voire même jusqu’à 100% fétuques. Ces dernières sont beaucoup moins sensibles à une période de sécheresse et reverdissent à la première pluie. Un gros arrosage tous les 15 jours par forte chaleur (soit 4 à 5 fois seulement durant l’été) suffit à les maintenir en vie malgré un aspect sec. Préférez un arrosage long (au minimum 1 heure par zone) et moins fréquent que les classiques 20 minutes quotidiennes moins efficaces.


- engraisser le gazon est indispensable à sa santé. Contre toute logique, il est prouvé qu’un gazon engraissé libère moins d’azote dans le sol qu’un gazon laissé à l’abandon ! L’engrais doit être de préférence un engrais à libération lente dont l’action sera répartie sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Il existe désormais des engrais ‘bio’ du même type dont l’action commence à être bien maîtrisée ce qui n’était pas toujours le cas avant. Les périodes d’application sont en fin février / début mars pour notre région afin de préparer le gazon à affronter l’été et de bénéficier des pluies printanières pour véhiculer l’engrais jusqu’aux racines, puis en fin d’automne pour nourrir la plante avant les agressions de l’hiver. Demandez conseil à un fournisseur sérieux et compétent (les magasins de coopératives sont en général de bon conseil : Gamm vert, point vert, RAGT,…). Évitez l’achat de ce type de produit dans les grandes surfaces dont les vendeurs sont souvent totalement incompétents.


- enfin, au moins tous les deux ans, louez un scarificateur et scarifiez votre pelouse. Cette action consiste à éliminer le feutre, c’est à dire les feuilles de gazon mortes et qui ont séché sous le pied et forment une sorte d’éponge propice à la stagnation de l’humidité, aux moisissures et au développement des parasites. Avant et après la scarification, effectuez une tonte, la première pour faciliter le passage du scarificateur, la seconde étant le moyen le plus simple de ramasser le feutre remonté en surface.


Implanter un gazon


L’implantation d’un gazon n’est pas très difficile mais demande le respect de quelques règles pour sa parfaite réussite.


Tout d’abord, même si un gazon peut être implanté toute l’année, la meilleure période pour bien réussir est incontestablement l’automne. Un gazon de printemps pousse vite, mais doit être copieusement arrosé tout au long de son premier été et constamment désherbé si l’on ne veut pas qu’ils dépérisse et soit envahi de mauvaises herbes inesthétiques. Un gazon implanté en fin d’automne (début à mi-octobre) bénéficie d’une terre encore chaude favorisant la levée des graines, des pluies d’automne pour arrosage et de tout l’hiver (qu’il ne craint pas) pour s’implanter et s’enraciner profondément.

Le terrain devra avoir été préalablement désherbé, travaillé sur 4 à 5 cm (cela suffit) et bien ratissé afin d’extraire cailloux et débris en tous genres.

Choisissez un gazon à base de fétuques (voir paragraphe ci dessus) pour une meilleure résistance à la sécheresse.

Le semis doit se faire uniformément, l’idéal étant d’utiliser un semoir (location). Il est complètement inutile de dépasser la dose conseillée (en général 30 à 40 grammes au m²). En effet, les jeunes plants se feraient concurrence et ne pourraient bien se développer.

Un roulage est indispensable pour bien mettre en contact la terre et les graines. L’application de l’engrais à libération lente peut se faire immédiatement. Il se diffusera durant les semaines à venir donnant toujours au jeune gazon ce dont il a besoin pour correctement s’épanouir.

Si il ne pleut pas, laissez faire ! Tant qu’elles n’ont pas pris la pluie, les graines sont en dormance. En revanche, s’il pleut, veillez à maintenir le terrain humide par la suite si l’arrosage naturel ne suffisait pas (un automne sec, cela arrive !).

La levée des graines à lieu entre 7 (ray grass) et 20 jours (fétuques) selon la température et l’humidité du sol.

La première tonte n’intervient généralement qu’au printemps, lorsque les extrémités des brins de gazon commencent à ployer.

Pensez à nourrir à nouveau votre gazon fin février et et regardez le pousser (voir paragraphe « engrais » ci-dessus).

En milieu de printemps, vers fin avril, un désherbage sélectif peut être nécessaire, suivi le cas échéant d’un petit regarnissage dans les trous quelques jours plus tard.


Il existe aussi des gazons tout prêts, en plaques ou en rouleaux. Leur pose demande la même préparation préalable et par la suite le même soin qu’un gazon de semis et  le résultat est immédiat et spectaculaire. Bien entretenus, ils demeurent beaux et denses même après plusieurs années.

Leur coût est cependant beaucoup plus élevé et de ce fait leur utilisation généralement réservée aux petites surfaces.