La page nature…

… ou comment faire en sorte que le jardin reste un endroit où il fait bon vivre,

sans être obligé de respirer des produits chimiques

mais sans non plus passer tout son temps à lutter

contre les indésirables et les envahisseurs.

1er conseil : agir en amont

Un jardin sans entretien (ou soyons honnêtes avec très peu d’entretien), c’est possible, mais cela demande un minimum de préparation et d’investissements.

Lors de son installation, pensez à poser des toiles de paillage (les plus « bio » choisiront de pailler avec du BRF) dont l’aspect inesthétique peut être masqué par de la pouzzolane, de la paillette d’ardoise, des graviers ou tout paillage dont l’aspect sera en accord avec vos goûts. Vous éviterez ainsi la corvée du désherbage, une part non négligeable de l’arrosage et vos plantes s’y régaleront.

Évitez les zones mono-espèces, propices à la concentration et à la prolifération des parasites. Préférez les haies variées aux floraisons et fructifications étalées dans le temps. Ainsi, vous favorisez les insectes pollinisateurs, la possibilité pour de nombeux oiseaux de se nourrir de baies en toute saison et leur entretien est facile et très limité.

Plutôt que de désherber au « Round up », sarclez !

Effectuée régulièrement, cette opération n’est pas très contraignante, excellente pour votre santé, ne pollue pas et n’intoxique pas votre famille qui pour le coup peut participer à l’élimination des herbes indésirables.

Pensez que les escargots, limaces, vers de terre et insectes en tous genres constituent la nourriture de base de nombreux animaux tel que le hérisson ou les grenouilles.


2ème conseil : laisser la nature reprendre sa place

Un jardin propre, c’est bien ! Trop propre, c’est trop ! Il faut aussi laisser faire la nature et lui laisser un peu de place

Votre jardin est un petit monde dans lequel, parfois sans que vous ne le sachiez, s’installe tout un biotope, une chaîne dont les maillons sont des animaux, des végétaux, des bactéries et des champignons…    Tout ce petit monde vit en parfaite symbiose, en une magique harmonie, une machine dont les engrenages sont parfaitement huilés.

Il faut laisser cet écosystème agir et s'auto réguler autant que possible et les interventions « humaines » doivent être réservées à d’éventuels dérapages et toujours raisonnées afin d’interférer au minimum avec la nature.

Vous êtes vous déjà posé la question de savoir si il était vraiment indispensable et vital que votre rosier n’aie aucune tache sur ses feuilles, qu’aucun puceron ne fréquente votre jardin ou qu’aucune fourmi ne vienne se nourrir au pot de confiture que VOUS avez laissé sur la table ?

La réponse est simple : non !

Prenez une photo de votre jardin et regardez ? Y voyez-vous les pucerons, les trous dans les feuilles du troène ou les feuilles de pâquerettes dans le gazon ? Re-non !

Pourquoi dans ce cas ne pas laisser faire, au moins tant que ces petits détails restent des petits détails.

Vous allez ainsi laisser s’installer des coccinelles dont les larves avaleront chacune quotidiennement une centaine de pucerons, le pied de la table de jardin sera débarrassé par les fourmis des miettes, bouts de gras et traces de confiture maladroitement oubliés par les bambins de la maison qui ramasseront de délicieux bouquets de pâquerettes ou pissenlits et quelques mésanges, merles ou lézards se régaleront des larves qui découpent méthodiquement les feuilles du moindre lilas pendant que vous fréquentez les bras de Morphée.

Vous allez économiser du temps, de l’argent, la santé de vos chérubins et animaux de compagnie et sauver la vie d’êtres indispensables..


Si votre jardin est grand, il peut laisser un petit espace du type « breathing place » comme le nomment nos amis anglais.

Il s’agit d’une zone abandonnée volontairement à la nature afin que s’y développe un biotope naturel qui constitue une « réserve » pour tous les animaux d’ordinaire évincés du jardin.

Les « mauvaises herbes y abritent quantité d’insectes, de rongeurs, de batraciens ou autres reptiles qui n’effraient que ceux qui ne les connaissent pas !

Une simple zone de quelques mètres carrés suffit.

On y laissera quelques fagots et tronçons de bois mort, un bon tas de feuilles à l’entrée de l’hiver qui constitueront autant d’abris pour les insectes, les hérissons, les lézards afin d’y passer la saison froide.

Les plus bricoleurs pourront construire avec les enfants un hôtel à insectes et une fois la saison des moustiques passée, on y ajoutera une petite bassine d’eau pour les oiseaux.

C’est là aussi que seront jetées les épluchures de fruits et légumes qui fraîches nourriront les oiseaux et rongeurs puis se décomposeront pour vous donner du compost.

3ème conseil : aider la nature à s’installer

Il n’est pas nécessaire de faire aussi volumineux, mais l’hotel à insectes fait partie du lot des indispensables dans un jardin qui « invite le naturel »